Propos humoristiques

Une matinée à la Cipale ou Il faut toujours croire en ses rêves

Je ne vais pas jouer à l’ancien qui raconte sa vie, n’empêche que, quand j’étais môme, mes parents m’emmenaient voir des courses de vélos sur piste. A l’époque, il y en avait beaucoup. Époque d’avant tous les écrans ! Bien entendu, l’enfant que j’étais rêvait de devenir « pistard ». On les appelait les « coureurs de soie » par rapport aux routiers poussiéreux, ou les « écureuils ». Pourquoi les écureuils ? Parce que des équipes de deux ou trois coureurs se relayaient à tourner jour et nuit sans arrêt pendant « Six jours ».

La vie en a voulu autrement, j’ai fait (je fais) toujours beaucoup de vélo de route mais je n’ai jamais pratiqué la piste.

Nos fines mouches, Philippe Lecorgne et René Schlagdenhauffen, ont su que d’autres également avaient ce rêve et étaient désireux de tenter cette expérience de rouler sur piste. Alors comme on en rêvait, ils l’ont fait. Merci les copains. Organisation impeccable et toute de sympathie. Vous avez mis des étoiles dans les yeux de :

Mary Schlagdenhauffen, Philippe Bocquet, Marc Caigneaux, Marc Dupuis, Alain Ladurelle, Alain Chappuliot, Jean-Marie Jourdan, Jean-Pierre Divol et moi-même.

Quand j’écris une organisation impeccable, ce ne sont pas de vaines paroles : covoiturages ponctuels, sur place nous sommes accueillis par le Président du Vélo Club des Vétérans Parisiens (VCVP) ainsi qu’un cycliste aguerri à la pratique de la piste qui va nous servir de coach. Quelques vélos rutilants, à nos tailles nous tendent leurs manivelles. On peut appeler ça une attention délicate.

La météo ne pouvait pas faire autrement que de se montrer à la hauteur.

Sur les vélos à pignon fixe, les départs et les arrivées sont les points les plus délicats. « Libérés, délivrés » ce ne sera pas pour tout de suite. Nous sommes plutôt tendus et crispés bien plus que sur nos vélos de route. Autre étonnement, un vélo de piste n’est pas aussi léger qu’on pourrait le penser.

En voyant un copain s’arrêter en catastrophe et manquer de tomber, René et Philippe me glissent à l’oreille : « on vient de comprendre l’expression perdre les pédales ! ». Notre camarade se reconnaîtra … n’est-ce pas Chapupu ? Comme souvent, la rigolade nous accompagne. Je ne vais pas faire le malin car pour démarrer j’ai demandé à ce que l’on me tienne par la selle … comme les pros !

Le vélo de piste est au vélo de route ce que la boîte automatique est à la voiture traditionnelle. C’est-à-dire que tu as envie de passer les vitesses mais que tu ne le peux pas. Les jambes encaissent tout, elles sont toujours en prise. Pas le moindre temps de repos. En fait, avant l’heure, nous avons fait notre festival de cannes … sans faire de cinéma. Nous n’en n’avions pas les moyens !

Ces digressions mécaniques et cinématographiques étant faites, respect à Mary qui la première s’élance sur la piste et rapidement monte tout en haut dans les virages sourire aux lèvres. Elle a du s’entraîner ? Bravo l’artiste. La femme étant l’avenir de l’homme, maintenant les mecs, il va falloir être à la hauteur, c’est le cas de le dire. Afin de mettre en confiance les béotiens que nous sommes le coach nous distille des conseils judicieux et rassurants qui nous mettent en confiance. De fait, petit à petit, tout le monde monte dans les virages … tout le monde se pique au jeu … tout le monde prend de la vitesse à la sortie des virages … tout le monde fait le sprint sur la ligne d’arrivée … tout le monde à fond, à fond … tout le monde est Champion du Monde de vitesse. Malgré cette euphorie généralisée, personne ne se risque à lever les bras en signe de victoire, non pas par humilité, ce n’est pas notre genre, mais par prudence !

Tous ces « exploits » sont réalisés sous l’œil bienveillant et un brin rigolard de Jojo Première Présidente du BVYC qui ne ménage pas ses encouragements… et peut-être même qu’une prochaine fois … ? Sur la piste, il n’y a pas de barrières !

L’assurance venant on a tendance à en rajouter et la montée dans les virages fait pulser le cardio plus que sur la route. Il faut envoyer les watts, enfin quand on en a. En fait on est toujours à bloc … enfin c’est ce que l’on croyait, quand un jeune pistard préparant les championnats de France de poursuite, s’est mis à tourner autour de nous … ça calme, ça ramène à la modestie et à l’humilité !

Pour terminer cette belle expérience, nous remercions le Président du VCVP ainsi que notre coach en trinquant avec du cidre bien frais offert par notre bretonnant Philippe Lecorgne. A ta santé l’ami !

Nous nous séparons avec peut être quelques idées derrière la tête (n’est-pas Marc Dupuis ?), des idées de retours à la Cipale, pour compléter notre bagage (il y a de la marge !) avec encore et toujours des étoiles dans les yeux. Cette matinée m’a fait rajeunir de quelques (beaucoup ?) d’années.

Merci Philippe, merci René vous nous avez prouvé qu’il faut toujours croire en ses rêves.

LA MAIN

Bernard LUCAS

Tu me prends la main

Comme un dernier adieu

Et doucement tu la lâches

Sans faire de bruit

Ainsi s’en va la vie

  • Ne pars pas l’ami

  • Ne pars pas, reste encore un peu

La course n’est pas finie

Je te raconterai …

Des histoires de vélos et de bistrots

Des histoires de perdants et de gagnants

Je te parlerai de la vie

Une petite vie, mais notre vie

Quarante ans ici, c’est un peu chez moi aussi

Qui s’en va aujourd’hui

  • Ne pars pas l’ami

  • Ne pars pas, reste encore un peu

Demain on refera le monde

Encore une fois…

L’Indochine et l’Algérie

La fin de nos colonies

Paris qui brûle sa jeunesse

A un général en détresse

Le grand Brel est parti

Un Enfoiré l’a suivi

Les conscrits quittent la France

Les banlieues sèment la violence

La canicule nous terrasse

Un rêve d’été s’efface

Nougaro se fait la malle

Une robe de cuir quitte la salle

Le ballon rond sublime la France

Black, blanc, beur pour une romance

La haine tue aussi à Paris

Et nous défilons pour Charlie

Notre-Dame brûle et Paris pleure

Tout passe, rien ne demeure

  • Ne t’en vas pas l’ami

  • Pas aujourd’hui

Raconter nos histoires

Sans emmerder personne

Pour ne pas exister seul

Et rabâcher sa solitude

Je t’emmènerai

voir le Tour de France

Juste pour le raconter aux amis

Et te voir sourire

Allez viens, ils s’impatientent

La Leffe est servie

Du dimanche au jeudi

Ils veulent t’entendre chanter…

Quand tu étais coureur cycliste

Tu décrochais les étoiles

Et nous étions heureux

  • Voilà c’est ta vie

  • Ta petite vie

  • Et la nôtre aussi l’ami

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